Les Auvergnats : Quand il y en a un, ça va…

Cocktail de l’université d’été de l’UMP à Seignosse (Landes), le 5 septembre 2009, dans une ambiance franchouillarde mêlant rires gras et humour gluant, on assiste à l’échange surréaliste suivant :

Une responsable locale de l’UMP présente Amine Benalia-Brouch, un militant d’origine algéro-portugaise, au ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux : « C’est notre petit arabe, il mange du cochon et il boit de la bière »

Brice Hortefeux : « Ce n’est pas le prototype, ça », avant de rajouter « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ».

Moralité de l’histoire : Il a bien beau être français, né en Auvergne, manger du cochon et boire de la bière, Amine reste toujours et avant tout un petit arabe dans les yeux de ces copains de l’UMP.

No comment…

La Vie Nomade

«La dialectique de la vie nomade est faite de deux temps: s’attacher et s’arracher. On n’arrête pas de vivre ce couple de mots tout au long de la route. On a peine à quitter les amis que l’on s’est faits, mais en même temps on se réjouit de la chance qu’on a de pouvoir se promener sur cette planète. On se dit, si cette amitié doit durer, elle durera Inch’Allah. Dans la plupart des cas, elle ne dure pas.»

(Nicolas Bouvier – Routes et Déroutes)

Storytelling

De « Storytelling » (L’art de raconter des histoire selon Christian Salmon), je n’ai pu m’empêcher de tirer ce p’tit extrait qui colle si bien à ce qu’on vit de plus en plus sur l’arène politique :

« Sous Reagan, le Bureau d’information et de communication de la Maison Blanche contribuait à créer une contre-réalité. L’idée était de détourner l’attention des gens des enjeux essentiels en créant un monde de mythes et de symboles afin qu’ils se sentent bien avec eux-mêmes et avec leur pays. (…) Il ne s’agit plus seulement d’informer efficacement le public sur les décisions de l’exécutif en s’efforçant de maîtriser l’agenda politique. Mais de créer un univers virtuel nouveau, un royaume enchanté peuplé de héros et d’antihéros, dans lequel le citoyen-acteur est invité à entrer. Il s’agit moins désormais de communiquer que de forger une histoire et de l’imposer dans l’agenda politique. »

C’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire… Idéologie ou Ignorance ?

La présente rubrique doit son existence à ce « système de pensée » (associer la connerie à un système de pensée deviendra surement plus limpide après la lecture de ce qui suit… c’est la meilleure façon d’éviter d’être trimballé devant les tribunaux pour diffamation) responsable de propos réducteurs (au point de me donner envie de chialer) du genre :

« … J’ai eu une espèce de révélation négative dans le Sinaï, là où Moïse a reçu les Dix Commandements… subitement j’ai éprouvé un rejet total pour les monothéismes. Dans ce paysage très minéral, très inspirant, je me suis dit que le fait de croire à un seul Dieu était le fait d’un crétin, je ne trouvais pas d’autre mot. Et la religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré… effondré! La Bible, au moins, c’est très beau, parce que les juifs ont un sacré talent littéraire… ce qui peut excuser beaucoup de choses. Du coup, j’ai une sympathie résiduelle pour le catholicisme, à cause de son aspect polythéiste. Et puis il y a toutes ces églises, ces vitraux, ces peintures, ces sculptures… » (Lire, septembre 2001, M. Houellebecq interviewé par Didier Sénécal)

A mon sens, des propos aussi auto-suffisants, aussi bornés, aussi réducteurs, aussi fermés à l’autre, auraient mérité, au mieux, l’indifférence, et au pire, la tentative psychanalytique… mais jamais le moindre souci d’argumentation. Certains en ont décidé autrement, ont appelé la justice à la rescousse (pour injure et incitation à la haine religieuse), pour enfin se rendre à l’évidence que ce qu’ils ont pris bêtement (au point où ils en sont, on peut y aller…) pour une attaque personnelle relevait de la critique légitime d’un système de pensée.

Dans leur jugement, les magistrats de la 17ème chambre correctionnelle ont estimé que les propos tenus par l’auteur de Plateforme n’étaient « sans doute pas caractérisés, ni par une particulière hauteur de vue, ni par la subtilité de leur formulation » mais ils n’y ont vu aucun délit mais simplement de la critique « d’un système de pensée ». Ils ajoutent que « ce propos ne renferme aucune volonté d’invective, de mépris ou d’outrage envers le groupe de personnes composé des adeptes de la religion considérée« . Enfin, ils considèrent que la critique des textes anciens « n’est pas en elle-même constitutive d’une injure et ne peut en tout état de cause viser les musulmans d’aujourd’hui ».
Les magistrats se sont ainsi alignés sur le prêche enflammé de la Procureure « On ne peut pas dire que quand on exprime une opinion sur l’Islam, cela implique que l’on attaque la communauté musulmane. Nous ne sommes pas là pour faire ce glissement sémantique »

J’adoooore l’expression « glissement sémantique » (je le placerai à un moment ou à un autre sur l’un de ces forums où ce même « glissement sémantique » relève du sport national)… Il ne faut surtout pas en faire, même pas quand Houellebecq lui-même n’arrive plus à situer la séparation entre son personnage principal dans « Plateforme » (un dénommé Michel, comme par hasard) et sa pauvre personne…
A l’interrogation quelque peu dubitative de D. Sénécal « Votre personnage principal en arrive à prononcer cette phrase: « Chaque fois que j’apprenais qu’un terroriste palestinien, ou un enfant palestinien ou une femme enceinte palestinienne, avait été abattu par balles dans la bande de Gaza, j’éprouvais un tressaillement d’enthousiasme… » », Houellebecq répond, pour le compte de Michel, « La vengeance est un sentiment que je n’ai jamais eu l’occasion d’éprouver. Mais dans la situation où il se trouve, il est normal que Michel ait envie qu’on tue le plus de musulmans possible… » et dans la foulée (dans une continuité déconcertante) pour son propre compte « Oui… oui, ça existe, la vengeance. L’islam est une religion dangereuse, et ce depuis son apparition. Heureusement, il est condamné. D’une part, parce que Dieu n’existe pas, et que même si on est con, on finit par s’en rendre compte. A long terme, la vérité triomphe. D’autre part, l’Islam est miné de l’intérieur par le capitalisme. Tout ce qu’on peut souhaiter, c’est qu’il triomphe rapidement. Le matérialisme est un moindre mal. Ses valeurs sont méprisables, mais quand même moins destructrices, moins cruelles que celles de l’islam. »

En tout cas, les juges ont estimé que si l’auteur exprime « de la haine » envers l’islam, il ne le fait pas envers les musulmans : « Ecrire que l’islam est la religion la plus con ne revient nullement à affirmer ni à sous-entendre que tous les musulmans devraient être ainsi qualifiés. Ce propos ne renferme aucune volonté d’invective, de mépris ou d’outrage envers le groupe de personnes (…) considéré »
Donc, pas d’amalgame s’il vous plait !

Moralité de l’affaire : Attaquez vous aux systèmes de pensée, mais jamais à leurs adeptes…Evitez de dire à quelqu’un qu’il est franchement con mais ne vous privez surtout de traiter son système de pensée de tous les noms.
Il est instructif d’apprendre que l’on peut considérer qu’une religion est conne et dangereuse, mais que ses adeptes ne sont ni cons, ni dangereux… Ouf, me voilà soulagé.
Reste à s’assurer que la séparation est bien limpide dans l’esprit de chacun. Et gare à celui qui s’aviserait de franchir cette muraille de Chine sémantique.

Il faut dire que rares sont ceux qui échappent à l’emprise de la connerie dans le référentiel d’Houellebecq. Mêmes les victimes des conflits du tiers-monde y passent : « Bien sûr qu’il y a desvictimes dans les conflits du tiers monde, mais ce sont elles qui les provoquent. Si ça les amuse de s’étriper, ces pauvres cons, qu’on les laisse s’étriper. Les nationalistes sont des primates. Si les gens sont suffisamment cons pour rêver à une Grande Serbie, qu’ils meurent, c’est ce qu’ils ont de mieux à faire. Et les coupables ne sont pas les dictateurs, ce sont les individus de base qui ne pensent qu’à se battre. Ils aiment avoir un fusil entre les mains, ils aiment tuer, ils sont mauvais. » (Lire, septembre 2001)

Que penser, par ailleurs, de quelqu’un qui, en parlant des femmes dans une interview à Vingt ans (voir Denis Demonpion, interviewé par J. Dupuis. Lire, Sep 2005), qu’il les aime lorsqu’elles « bavent comme un labrador » ?
Que penser de quelqu’un qui fait l’apologie, voire l’éloge de la prostitution et du tourisme sexuel ? « La prostitution, je trouve ça très bien. Ce n’est pas si mal payé, comme métier… En Thaïlande, c’est une profession honorable. Elles sont gentilles, elles donnent du plaisir à leurs clients, elles s’occupent bien de leurs parents. En France, je sais bien qu’il y a des oppositions, mais je suis pour une organisation rationnelle de la chose, un peu comme en Allemagne et surtout en Hollande. A mon avis, la France a une attitude stupide. » (Lire, septembre 2001)

A sa place, et avant de débiter de telles inepties, je commencerai par essayer de comprendre l’origine du terme « phoung ha kin » pour désigner une prostituée en thaï. Il est grand temps pour lui de savoir que ceci veut simplement dire « celle qui cherche à manger ».

Comme a pu dire de lui Isabelle Alonso (voir «Sale mec », Isabelle Alonso), « Michel Houellebecq est un être simple et frais : il voit les petites prostituées asiatiques sourire, il en conclut qu’elles sont heureuses ! Il ne voit pas ce qu’il y a de « répréhensible  » ! C’est Disneyland !« . Je ne peux que la rejoindre dans son gage : « Gageons que le côté  » répréhensible  » de la prostitution lui apparaitrait comme une révélation s’il se retrouvait un jour, une heure seulement dans le rôle non pas du client (ben oui, s’envoyer une jeune asiatique souriante, il voit pas ou est le problème !) mais de la prostituée. C’est à dire de livrer un de ses orifices (même les grands esprits en sont pourvus !) : bouche, anus, l’un ou l’autre, voire l’un et l’autre, à la pénétration d’une bite de passage, sans désir, sans affect, et souvent sans hygiène, pour quelques dollars. De quoi ne pas crever de faim. Et une torgnole en cas de mauvaise volonté. Est ce que ça émousserait l’enthousiasme de Monsieur Houellebecq pour le  » tourisme sexuel  » ? Et tout ceux qui fantasment avec lui sur les plateaux de télé sur le thème : la prostitution, un métier comme les autres, envisagent ils la carrière pour leur fille, leur sœur ou leur épouse (pardon pour elles) ? Qui iraient sucer des bites au Bois de Boulogne ou à Pattaya ? Et à quand des écoles, une vraie formation ? Des licences de location vaginale ? Un DESS fellation ? Un doctorat ès sodomie ? »

Houellebecq est capable de la pire des ignominies pourvu qu’elle lui permette de mieux vendre sa soupe… Une soupe d’un velouté impeccable, mais qui pue les amalgames, les simplifications réductrices, la xénophobie et le glauque. Une seule curiosité me tenaille depuis longtemps : Quelle part autobiographique y a-t-il dans ses écrits ?

Houellebecq joue à fond la singularité, la sortie des sentiers battus de la normalité alors qu’il croupit en plein dedans. Il se veut subtil, non-conformiste, vaillant révolutionnaire de la « pensée unique », alors qu’il se contente d’un voyeurisme primaire dans les rues de Pattaya. Il surf allégrement sur les préjugés (vendeurs) et les clichés lourds mais choquants (vendeurs aussi). Un point de vue en quelque sorte partagé par Denis Demonpion dans son « Houellebecq non autorisé, enquête sur un phénomène » . D. Demonpion considère qu’ « il n’est jamais très loin de la beaufitude de ses personnages. ». En fait, c’est bien ça le mot que je cherchais désespérément : la beaufitude. Houellebecq serait donc un beauf égaré dans le monde littéraire.

Mais rendons à César ce qui est à César. En cherchant bien, Houellebecq a, par ailleurs, un profil relativement sympathique : Comparé à l’inégalable Oriana Fallaci, ses propos contre l’Islam (mais pas les musulmans, vous l’avez bien compris) relèvent de la flatterie…

A vous de voir si vous avez envie de financer sa retraite, pour autant… Moi, je me tâte encore.

La Peur des Barbares…

« Nous construisons notre civilisation avec des murs qui nous protègent de “l’autre”, forteresse contre les éléments, les bêtes sauvages, la différence. »  (Extrait du Mur de Simone Bitton)

Nous fêtons en fanfares les vingt ans de la tombée du mur de Berlin, alors que dans d’autres contrées, de nombreux murs physiques (pour ne parler que de ceux là) ont été édifiés depuis : Israël-Palestine, USA-Mexique, Inde-Bangladesh… Des murs de l’impuissance et de la peur d’un côté, de l’humiliation et de la haine de l’autre. Nous avons laissé pousser ces barrières de béton et de barbelés sous nos yeux, souvent approbateurs, sinon indifférents.

Vous êtes-vous déjà posés la question de qui a construit le premier mur ? de ce qu’il a pu avoir en tête au moment des faits ? et pour quel résultat ?

Chaque mur se proclame différent des autres dans sa nature, dans la problématique sous-jacente, sa raison d’être (immigration clandestine, forces indépendantistes, lutte armée, terrorisme, annexion de territoires…) , dans sa signification, dans son histoire fondatrice… Mais, comme le dit si bien Tzvetan Todorv (essayiste et historien, auteur de « La Peur des Barbares »), un point commun les relie : « c’est la mise en place d’une solution bancale destinée à conjurer la peur de l’autre »

La liste des murs est plutôt longue et ne fait que s’allonger. J’ai même l’impression que le mouvement pro-mur ne fait que commencer… Sans vouloir (ni pouvoir, d’ailleurs) être exhaustif, en voilà quelques uns :

  • Chine : La Grande Muraille de Chine de 2200 kms de long, construite au IIIe siècle avant J.-C. pur maintenir à distance les Huns
  • Angleterre – Ecosse : Le Mur d’Hadrien, érigé au IIe siècle par les Romains sur toute la largeur de l’Angleterre (120km) pour protéger le sud de l’île des attaques des tribus de l’actuelle Ecosse.
  • Corée : 140 kms de long, construit en 1963 dans la zone démilitarisée séparant les deux Corées.
  • Chypre : La fameuse « Ligne verte » (180 km qui n’ont de vert que le nom) construite entre 1964 et 1974.
  • Irlande : 15km de « lignes de paix », construits en 1969 à Belfast, puis à Portadown et Londonderry pour séparer les catholiques des protestants.
  • Sahara Occidental : 2000 km construits entre 1980 et 1986 pour repousser les attaques du Front Polisario et annexer une partie de l’ancienne colonie espagnole.
  • Etats Unis – Mexique : 900 km construits, en 1994, le long de la frontière, au nord du Rio Grande, pour se prémunir contre l’immigration clandestine. Les migrants illégaux passent plus difficilement. Mais ils passent quand même, souvent en prenant beaucoup plus de risques (traversée du désert impliquant plus de 370 morts en 2009)
  • Espagne – Maroc : 12km de barbelés(de 3 mètres 50 de haut) autour des enclaves espagnoles en Afrique du Nord, Ceuta et Melilla, construits en 1995 pour arrêter l’immigration clandestine vers l’Europe.
  • Inde – Pakistan : 550 km de barrière électrifiée, construits entre 2002 et 2003 pour enclaver le Cachemire Indien.
  • Irak : 5km de mur construits par les Américains à Bagdad (entrepris en 2007), avec l’objectif d’isoler le bastion sunnite d’Adamiya difficile à « sécuriser ».
  • Israël – Palestine : 700 km de béton armé, en construction depuis 2002 entre Israël et la Cisjordanie pour se prémunir des activités (terroristes pour les uns, de lutte armée légitime contre l’occupation, pour les autres). Ce mur n’est pas bâti sur la frontière entre les deux territoires (la fameuse « Ligne verte » !), mais empiète (parfois de quelques dizaines de kilomètres) sur des terres palestiniennes, empoisonnant la vie de tous les jours de milliers de palestiniens. Ce mur a été déclaré illégal par la Cour internationale de justice de La Haye, sans résultats palpables.

D’autres murs sont déjà programmés (sud musulman de la Thaïlande, frontières Saoudiennes avec l’Irak au nord, et le Yémen au sud, entre le Pakistan et l’Afghanistan, entre la Géorgie et l’Abkhazie …), avec tout l’appareillage de surveillance hyper-sophistiqué qui va avec…

Dans tous ces exemples, le mur ne fait que dresser une communauté, un peuple ou une catégorie socio-économique contre un autre, que diviser des populations que tout condamne à vivre ensemble, qu’attiser la le ressentiment, la haine et le désespoir des uns, le mépris et la peur des autres. Chacun de ses murs est en soi un aveu d’échec et de faiblesse.

Le temps accomplit toujours son œuvre et les murs finissent par tomber. Aucun mur au monde ne pourra se dresser éternellement devant l’instinct de survie, ni la soif de liberté. « Quand ils comprennent que seuls des fils de fer barbelés, un mur de 3,5 mètres de haut, un désert ou une rivière les séparent d’un espoir de vivre décemment, ils partent », résume Tzvetan Todorv . Ce constat ne peut, cependant, être d’un grand réconfort pour ceux qui en souffrent au jour le jour.

Et puis…

« Les murs dont nous devrions avoir le plus peur ne sont-ils pas ceux qu’on ne voit pas, ceux auxquels on croit, tout simplement ?”

Government is a broker in pillage…

Je reste toujours bouche bée devant la puissance de l’image Menckenienne, devant son réalisme satirique…

« The government consists of a gang of men exactly like you and me. They have, taking one with another, no special talent for the business of government; they have only a talent for getting and holding office. Their principal device to that end is to search out groups who pant and pine for something they can’t get and to promise to give it to them. Nine times out of ten that promise is worth nothing. The tenth time is made good by looting A to satisfy B. In other words, government is a broker in pillage, and every election is sort of an advance auction sale of stolen goods. »

H.L. Mencken (critique social américain, surnommé le « Sage de Baltimore »)

Hard Rain

And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin
I heard the roar of a wave that could drown the whole world
I heard one hundred drummers whose hands were a-bleedin’
I heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’
I heard one person starve, I heard many people laughin’
Heard the song of a poet who died in the gutter
Heard the sound of a clown who cried in the alley
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard
And it’s a hard rain’s a-gonna fall.

Bob Dylan, Hard Rain

Adieux d’un futur chômeur (merci Sarko ! )

Toute bonne chose a une fin. Mais les adieux n’ont jamais été mon point fort…

J’ai été ravi de bosser avec vous durant ces dix années (ceci ne préjuge en rien de la réciproque). Ce n’est pas de la langue de bois, car je me suis arrangé pour ne partir qu’une fois que tous ceux qui m’ont miné l’existence déjà partis.

Vous allez peut-être me prendre pour un dingue, mais vendredi soir, en quittant les bureaux, je me suis posé la question de ce qu’aurait pu dire Pierre Desproges à ma place… Et j’ai pensé à sa fameuse « Il y a une coutume du spectacle qui me gonfle singulièrement, c’est les rappels. C’est totalement absurde, les rappels. Enfin, écoutez, dans la vie normale, dans la vie courante, quand un mec a fini son boulot, qu’est-ce qu’il fait ? Il ne revient pas, il dit au revoir, et il s’en va… Enfin, on n’imagine pas un plombier, re-sonnant à la porte, après avoir réparé une fuite, juste pour refiler un petit coup de clé de douze. ».
Je me garde, cependant, la possibilité de passer manger à la cantine…

En tout cas, je ne vous fais point d’infidélité. Je pars pour ne rien faire ou, du moins, pour faire moins, car c’est un noble art que de ne rien faire : « Besides the noble art of getting things done, there is the noble art of leaving things undone. The wisdom of life consists in the elimination of non-essentials » (Lin Yutang. J’aurais pu vous le faire en Chinois… mais bon…).
Plus terre à terre, et dès que je vois plus clair dans mon agenda, je vous convierai à un p’tit pot des plus informels… un vendredi dans 2 ou 3 semaines, question de pouvoir trinquer avec tout le monde.
Bises,
Le Chômeur