Vœux 2020 – En pleine dissonance cognitive…

« C’est en voyant un moustique se poser sur ses testicules qu’on réalise qu’on ne peut pas régler tous les problèmes par la violence… » – Proverbe chinois

Et paf, le Saint-Sylvestre est de retour… Il se pointe trop souvent à mon goût. Mais ça, vous le savez déjà…

Tingitingi - eCard 2020

D’ici, depuis le trou du cul du monde civilisé (bien que j’ai régulièrement de sérieux doutes sur la pertinence de ce dernier mot), je vous vois en train de vous activer, à me donner le tournis. Le fatidique décompte approche et ça vous met dans tous vos états. Vos bonnes résolutions vous submergent.

Au risque de passer pour le rabat-joie de service (chose dont j’ai l’habitude), je vais vous en suggérer une belle : De zapper ce bordel, car il n’y a rien à fêter. Et puis, rien de tel qu’un peu de changement dans vos habitudes. 2019 a été une merde noire, bien chaude à des moments, bien glaçante à d’autres, mais d’une monotonie déconcertante : Zemmour passe toujours à l’écran, Angèle fait un carton avec son « Balance ton quoi » (oui oui, c’est bien ça le titre de sa chanson !),  la Reine des neiges fait encore recette, un moulage en acier d’un lapin gonflable (d’un certain Koons) s’adjuge à 91 millions de dollars, des incantations écologistes passent en boucle à la télé mais on s’extasie devant les illuminations de Noël, Trump garde la même tignasse, des koalas se réfugient dans les cuisines australiennes, GIFI écoule ses canons à confettis, comme les Koalas on brade nos libertés pour un peu de sécurité, on feint de découvrir que Matzneff a toujours adoré les petites filles, l’Australie flambe mais la COP 25 on s’en bat les coucougnettes, on légifère sur l’antisionisme pour qu’il ne soit plus une opinion mais un crime, des appareils de 2000 watts continuent à chauffer les terrasses des bars, on laisse des gens périr en mer en leur disant de téléphoner aux garde-côtes du pays d’à côté, des milliers de « poissons pénis » s’échouent sur une plage Californienne, la branlette de mammouth continue pour savoir qui doit porter quoi, les collapsologues constituent leurs réserves et AliExpress solde ses dildos à 4 têtes (seul point excitant au tableau, je vous l’accorde ).

Mais dites-le franchement : Y a-t-il vraiment de quoi sabler le champagne (à part le dildo à 4 têtes, bien évidemment) ?

Années après années, j’ai bossé ma réputation de bonnet de nuit. Et ce n’est ni le temps, ni l’âge qui arrangeraient cela. Il faut dire que, la cinquantaine bien entamée, je me reconnais de plus en plus dans ce que disait Cavana « Ils contemplent avec un sourire indulgent l’époque où le jus de leurs glandes toutes neuves les arrachait à la merdouille quotidienne, les projetait vers le monde, leur faisait ‘’se poser des questions’’ et y chercher des réponses » (Cavana, Je l’ai pas lu, je l’ai pas vu). Il est bien loin le jus de glandes toutes neuves !

Moins de fraicheur, mais une capacité inégalée à être con. Il parait que la connerie, ça se cultive. Et je fais plutôt partie de ceux qui ont la main verte.

Vous constaterez, cependant, qu’avec le temps j’ai vaincu mon côté « donneur de leçon ». Révolue est l’époque où je noircissais dix pages pour les vœux du nouvel an. Informer ne sert à rien ou peu. Ma conviction est que chacun doit mener sa propre réflexion sur l’état du monde, nommer ses propres réticences, et tracer (s’il le veut) son propre chemin hors du merdier ambiant. En théorie, une information abondante et argumentée offre le chemin le plus court menant aux changements de pratiques souhaités. En pratique, c’est toute une autre histoire.
Le changement, ça ne se décrète pas. C’est un travail collectif. C’est un projet participatif. Une touze géante sur une plage nudiste en plein hiver. Il faut avoir les couilles (et pas que…) d’y pointer son cul…
Et là, en parlant de couilles, je ne peux m’empêcher de penser à ce que disait Blanche Gardin (Il faut que je vous parle) : « A un moment, il faut assumer sa condition d’homme : je vous rappelle que c’est pour cela que vous avez deux couilles : votre mère en coupe, votre femme coupe l’autre, c’est la nature, ce n’est pas nous qui avons inventé le bordel, mais on suit les pointillés c’est tout… »
C’est plutôt de mauvaise augure pour mon projet participatif… Pas de couilles, pas de chocolat.

Le changement n’est jamais facile. On peut être dans une merde noire et minimiser l’ampleur de la situation par pur optimisme. C’est ce qu’on appelle la dissonance cognitive : un terme savant qui caractérise notre tendance, quand nous sommes confrontés à une contradiction intérieure, à nous persuader de l’inverse de ce qu’on pense. Un peu comme le Renard de la Fontaine (Le renard et les raisins) :

« Certain renard gascon, d’autres disent normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
Des raisins mûrs apparemment,
Et couverts d’une peau vermeille.
Le galant en eût fait volontiers un repas ;
Mais comme il n’y pouvait atteindre :
« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats.  »
Fit-il pas mieux que de se plaindre ? »

Et puis, merde ! Je suis « psychologiquement saturé ».  Une autre façon de dire « J’en ai plein le cul », mais c’est plus classe.
D’ailleurs, avez-vous déjà remarqué comment « Et puis merde ! » est souvent la meilleure solution ?

Sur ce, Bonne Année quand même…
Zouheir

PS : Je me rends compte que je n’ai pas utilisé les mots à la mode : « bienveillance » et « résilience ». Voilà, c’est fait !
PS2 : Encore des vœux qui se veulent à la Desproges (mais qui en sont loin) : « C’est net, c’est sobre, et ça vole suffisamment bas pour que les grossiers trouvent ça vulgaire. »

Vœux 2019 – Requiem pour un monde…

Tingitingi - eCard 2019Après deux ans de trêve, me voilà de retour, avec mes élucubrations habituelles. C’est l’occasion ou jamais de partager, avec vous, quelques réflexions à la con (sur des sujets qui me tiennent à cœur) : Tingiting – Vœux 2019 – Requiem pour un monde
Ce qui vous sauve c’est que rien ne vous oblige à les lire.  Je les ai néanmoins illustrées avec des dizaines de graffitis glanés sur les murs de la révolte, en France et ailleurs. Notez en particulier celui-ci : « Les murs avaient des oreilles. Maintenant, ils ont la parole».
Les graffitis vous renseignent sur l’état du monde.

Une nouvelle année. De nouveaux espoirs… C’est neuneu à souhait, mais je vais m’y conformer.
L’image globale reste sombre, j’en ai bien peur…

J’ai démarré mes divagations devant une télé où le sujet était : « Bûche ou pas bûche ? ». Je vous laisse devinez le niveau du débat et sa date…
Putain de planète. Parfois on a juste envie qu’elle s’arrête de tourner un instant pour qu’on puisse déguerpir…

Je me rappellerai toujours de Séguéla vomissant sa fameuse : « si à 50 ans on n’a pas de Rolex, on a raté sa vie ». J’ai 50 ans  et pas de Rolex !
Le pire, c’est qu’ayant la cinquantaine, je n’arrête de penser à cette génération qui paiera ma retraite et qui est en ce moment en train de chasser des Pokémons.
Tout simplement flippant ! 😉

Sur ce, et comme Desproges, je vous dis « Bonne année, mon cul ! »
Zouheir

 

Marché Eco à Erriadh du 5 au 7 août 2016

Le marché écologique & artisanal se tiendra à Erriadh le vendredi, samedi et dimanche prochains (5-6-7 août 2016). Dorénavant, cette manifestation aura lieu chaque mois (le premier week-end du mois, a priori).

Affiche AoutUne vingtaine de producteurs locaux (agriculteurs, artisans, transformateurs) vous accueilleront à l’ancien marché municipal d’Erriadh pour vous proposer leurs produits : fruits, légumes, produits alimentaires artisanaux, produits frais…
Cette initiative de l’Association « Les Amis de la Médina » vise à offrir une débouchée commerciale aux producteurs locaux, et à les accompagner vers une exploitation plus durable de leur terre (permettant à certains d’eux de sortir de la précarité) en s’appuyant sur les principes de l’agro-écologie.

Outre sa contribution à la pérennisation de l’agriculture locale, de l’ancrage territorial et des circuits courts, ce nouveau marché nous permettra, nous consommateurs :

  • d’avoir un accès direct  à des produits locaux, respectueux de l’environnement et socio-responsables
  • d’augmenter la part des achats locaux dans notre consommation
  • de contribuer activement à la diminution de l’impact CO2 des transports des produits concernés

Cette initiative ne pourra prendre sans votre soutien actif. Soyez donc nombreux à venir nous rendre visite. Vous serez ainsi précurseurs dans une autre façon de produire et de consommer…
Nous comptons aussi sur vous pour faire des vagues, beaucoup de vagues, en en parlant tout autour de vous.

Amitiés,

PS : Il va sans dire qu’aucun sac en plastique ne sera donné sur place. C’est l’occasion pour votre panier d’être de la sortie

Vernissage de Djerbahood – 20 Septembre 2014

 

Invitation au vernissage de Djerbahood - Erriadh - Djerba

Invitation au vernissage de Djerbahood – Erriadh – Djerba

«Djerbahood est une nouvelle aventure pour un mouvement en effervescence dans un pays en devenir.» (Mehdi Ben Cheikh, Directeur de la Galerie Itinerrance et initiateur du projet Djerbahood)

Depuis le 20 juin, une centaine d’artistes venus du monde entier ont défilé dans les ruelles du village d’Erriadh pour y laisser la marque (éphémère ?) de leur créativité artistique. A peine 3 mois leur ont suffi pour faire du village d’Erriadh un musée à ciel ouvert, imprégner l’île de Djerba (et sans aucun doute, l’ensemble du pays) de Street Art, et faire le buzz au niveau international.

Djerbahood est désormais bouclé et fin prêt pour son inauguration officielle, demain le 20 septembre, à partir de 17h. Nous avons l’honneur de vous inviter à ce vernissage qui s’accompagnera d’une visite guidée des œuvres,  de la projection de quelques films, ainsi que d’une dégustation de spécialités locales.

Comme d’habitude, nous comptons sur vous pour le faire savoir tout autour de vous.

Bienvenue à Djerbahood

Une websérie documentaire « Bienvenue à Djerbahood », réalisée par Joëlle Matos et Cécile Quiroz, coproduite par Image&Compagnie et Arte France, est maintenant visible sur le site d’Arte Creative.

Et qui a dit qu’Erriadh n’est qu’une « bourgade tunisienne obscure et poussiéreuse, […] point de passage sans grand intérêt sur la route de la Ghriba, la plus vieille synagogue d’Afrique  » ?

Djerbahood : Le Street Art s’invite à Djerba

Dar Babel DjerbahoodDepuis début juillet, quelques 150 street-artistes venant du monde entier (une trentaine de nationalité) participe à un audacieux projet d’art urbain au cœur d’un petit village de l’île de Djerba. Djerbahood, tel est le nom de code du projet imaginé par Mehdi Ben Cheikh, fondateur de la galerie Itinerrance (Paris) et initiateur de la plus grande exposition collective de street art, à Paris. L’automne dernier, l’équipe Itinerrance avait déjà investi une tour dans le 13e arrondissement de Paris avant sa démolition. Un lieu éphémère devenu culte…

Dar Babel Djerbahood DabroAujourd’hui, ce sont les murs d’Erriadh, village millénaire abritant la plus vielle synagogue au monde (« La Ghriba »), qui servent de toile de fond à ces artistes récidivistes… Une exposition à ciel ouvert qui, tout en suscitant l’enthousiasme des visiteurs, à réussi a emporter l’adhésion des habitants du village (même ceux qui faisait la fine bouche juste avant le lâchage des fauves). Des œuvres anarchistes qui s’intègrent avec élégance dans un milieu on ne peut plus conservateur. Une équipe adoptée par le village et une ambiance propice à la convivialité et l’échange…

C’est ainsi que je résumerais le miracle Djerbahood.

Dar Babel Djerbahood PantonioDar Babel a fait partie de l’aventure. Elle a offert au projet sa façade ouest pour que Pantonio puisse laisser libre cours à sa créativité… Et Pantonio s’est lâché. Certes, il a été malade un jour ou deux comme un chien, mais il s’est lâché l’artiste !

Dar Babel Djerbahood LiliwennLa fresque de Pantonio est ce que vous voyez en arrière plan de la journaliste du JT de Canal+ (13 août) au démarrage du documentaire. Dar Babel apparaît dans le premier plan de survol du village, puis au milieu du film avec les enfants qui jouent au foot derrière une Liliwenn qui s’active, avant de clôturer le documentaire…

Outre le portfolio et le teaser officiels de Djerbahood, une collection de photos prises au hasard de nos pérégrinations dans les ruelles du village est disponible ici.